Indication pour Jérôme, Marina et Adèle, qui me succèdent à Dakar: ne pas se promener la nuit sur la route de la corniche ouest, même accompagnée d’un sénégalais d’1m90…
3h du matin, je sors du restaurant. L’ami avec lequel je passe la soirée et moi décidons de marcher un peu. On a l’habitude de marcher quand on sort du restaurant. Et puis là on décide d’aller du côté de la plage. C’est joli la plage, la nuit. La route est éclairée, des voitures circulent encore. Et pas une seconde l’idée ne me frôle que quoi que ce soit puisse advenir. Hum…manque de flaire, c’est mauvais pour deux journalistes.
On marche, trois hommes aussi. Ils traversent; pas nous. Ils s’approchent, on les regarde. Et mon dieu! je ne savais pas qu’il existait sur terre des couteaux aussi grands. “Votre sac, argent”. Pointé sur mon abdomen le couteau, mon ami fouillé par deux truands du trio. “Il est où l’argent?” Je désigne fébrilement mon portefeuille. Sans trop bouger non plus, histoire qu’ils ne me prennent pas pour une grande téméraire prête à leur tenir tête. (En même temps vue la couleur de mon visage il ne doit pas y avoir grande confusion possible.) Mon portefeuille donc, ma carte de crédit; mon carnet: des dizaines de numéros professionnels et des milliers de lignes. Mon téléphone, évidemment. Mon guide de Dakar, qui m’était bien utile. Mes clefs; on s’en serait douté. Bref, chacun sait que dans le sac d’une femme il y a toute sa vie. Miracle! Je n’avais pas pris mon maquillage…
Et puis comme dans un film fantastique ils se sont enfoncés dans la nuit. Littéralement enfoncés, comme s’ils ne faisaient plus qu’un avec les falaises. En farfouillant dans mon sac.
Quelques minutes humides de larmes contenues et de sourires crispés. Un camion de police passe. Et là c’est mon moment préféré. On leur explique qu’on vient de se faire agresser. “Vous n’habitez pas au Sénégal?” “Bah, si”. “Non, mais vous êtes complètement inconscients de vous balader à cette heure là. Il faut rentrer chez vous.” Et un sermon en wolof pour nous expliquer, somme toute, qu’on est complètement cons.
C’est quoi ce monde dans lequel des policiers hargneux engueulent les victimes? Au lieu d’essayer d’attraper les agresseurs qui franchement ne devaient pas être loins? Entre la politique française proche des victimes larmoyantes et ça, il doit y avoir un juste milieu non?
N.B.: Vous comprendrez que cet article ne comprend pas de photos: par bonheur je n’avais pas mon appareil- et comment vous dire que si je l’avais eu…il n’y aurait quand même pas de photos?
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4 commentaires
juillet 6, 2008 à 8:20
Et sinon le mec avec ki tu as dine etait mignon? hum
juillet 6, 2008 à 3:01
Bon maintenant tu arrêtes les bêtises et tu rentres à Victor Hugo.
juillet 7, 2008 à 4:38
charlotte !! et moi qui rentre tout juste de mon week end new yorkais avec innocence.. je frissonne, ça doit être bien raconté.. fais gaffe à toi please, surtout la nuit ! mais pas de psychose hein.. je t’embrasse fort, take care, vraiment..
août 2, 2008 à 7:51
Toujours se balader avec un faux sac-à-main!
Ma doigt à couper quand sans ton pote géant tu te serais fait violer…
A Delhi, ce sont les taxis qui te détroussent et jettent ton corps dans les marais… Page 2 des journaux toutes les semaines