juillet 26, 2008...5:13

Parole, parole

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Au Sénégal, tout le monde parle, tout le temps. Plus exactement, tout le monde bavarde. Les salutations durent un quart d’heure (“Bonjour, ca va?” “Ca va, ca va.” “La famille, ca va?” “Ca va bien. Et toi ta fille, elle va bien?” “Oui, grâce à Dieu, les affaires?”…), les inconnus se saluent en rentrant dans les cafés, et évidemment, les taxis se négocient rudement. 

Pour les Européens, ces bavardages apparaissent au départ comme d’insupportables pertes de temps, des babillages inutiles et stériles. Mais ils sont en fait le coeur de l’humanité. 

D’abord bavarder, c’est fondamental dans une société: parler pour ne pas dire grand chose, c’est le propre de l’homme. D’accord on a découvert que les dauphins parlaient sans doute, mais ils ne parlent pas pour ne rien dire. Nous oui. Dans le bavardage, c’est l’humanité en action

Et puis je parlais de tout ça, des palabres sénégalaises, à un ami sénégalais. Et il m’a expliqué, sur les négociations des prix des taxis: “Vous en Europe, vous voyez un compteur, vous payez ce qui est marqué dessus. Vous ne réfléchissez pas. Négocier, c’est un premier pas vers la réflexion.”

En fait au Sénégal, les gens prennent le temps de penser et de se détendre. En aucun cas ils en deviennent, comme selon les clichés racistes, des fainéants qui ne travaillent pas. Ils sont simplement des humains plus humains.

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