février 7, 2009...6:19

Des filles à pédés, des homos langue de pute, et des préjugés.

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 ”Fille à pédés”, ça vous dit quelque chose? Ca a l’air péjoratif, dit comme ça, mais ça ne l’est pas nécessairement. D’après ce que j’ai compris, ce sont ces filles qui ont plein d’amis homos, qu’elles adorent. Elles les fréquentent quasi exclusivement, et on les retrouve dans les clubs gays et autres soirées où le beau sexe n’est pas des plus prisés. Ah oui, et ces filles sont généralement célibataires. 

Chaque fois que j’ai entendu l’expression de “fille à PD”, c’était dans la bouche d’un homo. Au début j’ai trouvé l’expression assez stupide, mais je pensais que c’était plus ou moins l’ami qui l’avait mentionné qui avait forgé l’idée, que c’était une blague, qu’au-delà de quelques dizaines d’individus, personne ne connaissait. 

Et puis j’ai réentendu l’expression, et réentendu, encore, plusieurs fois. Trop de fois pour que je ne fasse pas un post sur mon blog, parce que tout compte fait, le concept me révolte- si, si, il y a de quoi être révolté.

D’abord, s’il y a des filles qui cherchent la compagnie d’homos parce qu’ils sont homos, il faut leur dire la vérité: tous les homosexuels ne ressemblent pas aux gravures de mode qui font la couverture de Têtu, grandes et élancées, que l’on emmène faire du shopping, et avec qui on regarde des comédies romantiques en mangeant du chocolat quand on a le cafard. 

Ensuite, il faut dire à ceux qui pensent qu’il y a une race “fille à PD”, qu’ils se trompent. J’ai lu sur un forum (je me suis documentée) la remarque d’un type qui expliquait “je trouve les filles à pd plutôt chiantes , même si certaines sont sympas, j’ai eu par le passé quelques copines à pd et la plupart était, bien que souvent drôles, des filles avec un mauvais fond, un regard sur les hommes (hétéros) dégradant et avec leurs copains pd très langue de pute comme seuls savent l’être les homos entre eux.“ 

Je passe sur le ridicule de la généralisation, parce que la bêtise parle d’elle-même. Mais  la dernière phrase mérite que l’on y prête attention. Le jeune homme qui a écrit ce commentaire est lui-même homosexuel, et le fait qu’il pense que les homos ont l’apanage de la calomnie, de la médisance extrême, me choque au plus haut point: c’est l’intériorisation des préjugés homophobes, et il n’y a rien de pire que lorsqu’une communauté relaie l’image que ses détracteurs ont voulu lui imposer. 

Un homo qui estime que les homos sont langues de pute, c’est comme un Noir qui pense que les Noirs sont fainéants, un juif qui pense que les juifs ont des gros nez. Je connais des juifs qui disent eux-mêmes que oui, ils ont des grands nez, et qui en sont fiers. On peut aimer les grands nez. Moi je n’ai rien contre. J’ai des amis qui ont des grands nez… Et bah je vais vous faire une confession: ils ne sont pas tous juifs. 

J’ai une autre confession à faire: mon père, qui est juif, n’a pas un gros nez. Il est vraiment juif, promis, juré: circoncis, ses parents ont dû quitter la Pologne pour fuir les pogroms, on a nos bibliothèques remplies de livres de blagues juives et d’histoire de la Shoah, il a une kippa dans le placard (d’accord, il ne la sort pas beaucoup, ms elle est là). Mais un grand nez crochu? Non, rien de tel.  

Il n’y a aucune spécificité physique, intellectuelle ou morale des juifs; pas plus qu’il n’y en a chez les homosexuels. Il n’y a pas une race homosexuelle, l’homosexualité n’est pas non plus une maladie qui aurait des symptômes (comme la médisance?) reconnaissables chez ceux qui en souffrent. Ce genre de préjugés est déjà assez intolérable et accablant chez les homophobes — chez les homosexuels, c’est désespérant.

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